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Stopper les relations presse et laisser la place aux concurrents le paradoxe couteux des entreprises visibles

Tribune d'expert / 9 avril 2026

C’est un réflexe aussi fréquent qu’incompréhensible.

Alors que la collaboration entre une entreprise, son dirigeant et l’attachée de presse est florissante, que les articles, portraits, et tribunes sortent, que les journalistes répondent, que les prises de parole s’enchaînent que la visibilité est là, tangible, mesurable… à ce même moment ou tout s’accélère certains dirigeants décident d’arrêter.

Comme si la dynamique allait continuer seule, la relation médias, une fois amorcée, devenait autonome. Comme si le lien avec les journalistes pouvait vivre sans recevoir ce précieux contenu. C’est précisément là que l’erreur commence.

Communiquer n’est pas un sprint. C’est une présence.

Une présence construite dans le temps, dans la régularité, dans la finesse des échanges. Une présence qui repose sur un travail invisible : celui de l’attaché de presse qui, semaine après semaine, pense les angles, ajuste les messages, capte les signaux faibles, identifie les bons moments. Car non, un article ne “tombe” jamais du ciel.

Il est le fruit d’un lien. D’un dialogue. D’une connaissance mutuelle entre un journaliste et un interlocuteur capable de lui proposer, au bon moment, le bon sujet.

Ce bon moment, justement, n’appartient pas à l’entreprise.

Il appartient au journaliste. À son actualité. À son agenda éditorial. À ses contraintes.

Et c’est là toute la valeur du métier.

Maintenir une relation active, constante, intelligente, pour être présent précisément quand la fenêtre s’ouvre.

Arrêter de communiquer sous prétexte que “ça marche” revient à quitter la scène en pleine ovation, en espérant que le public continue d’applaudir dans le vide. Il ne le fera pas. Pace que la place laissée vacante est immédiatement occupée. Par un concurrent plus constant. Plus visible. Plus présent à l’esprit des journalistes.

Dans cet espace médiatique saturé, l’absence n’est jamais neutre. Elle est interprétée comme un recul. Une perte de dynamique. Une disparition progressive du radar.

“Répare ton toit quand il fait beau ». L’expression dit tout.

Ce n’est pas quand les articles se raréfient qu’il faut relancer la communication. C’est précisément quand ils sont nombreux qu’il faut amplifier, structurer, installer durablement une position.

La visibilité médiatique n’est pas un acquis. C’est un capital vivant.

Un capital qui s’entretient, se développe, se protège, qui repose sur une mécanique exigeante : celle d’un flux continu d’idées, de prises de parole, de propositions éditoriales.

Un dirigeant ne voit souvent que la partie émergée : l’article publié.

Mais derrière chaque publication, il y a des dizaines de sujets proposés, retravaillés, repositionnés, parfois refusés, souvent ajustés.

C’est cette densité qui fait la différence.

Elle permet, le moment venu, de transformer une opportunité en visibilité concrète.

Penser que les retombées continueront sans ce travail de fond, c’est croire qu’un réseau se maintient sans interactions.

C’est croire qu’une relation vit sans échange, que la presse fonctionne à l’inertie.

Elle fonctionne à l’attention. À la pertinence. À la régularité.

Continuer à communiquer quand tout va bien n’est pas une option. C’est une discipline.

C’est ce qui permet de rester installé. Identifié. Désirable. C’est ce qui transforme une visibilité ponctuelle en légitimité durable.

Arrêter, en revanche, c’est prendre le risque de devoir tout reconstruire. Plus lentement. Plus difficilement. Plus cher. Alors la prochaine fois que la tentation d’arrêter se présente, posez-vous une seule question :

Souhaitez-vous capitaliser sur votre élan… ou repartir de zéro dans six mois ?

Par Constance Blanc, fondatrice d’Évidemment l’Agence, agence de relations presse B2B