Mieux financer la création pour consolider l’économie de l’influence
Le rapport parlementaire sur l’influence propose de mieux financer les créateurs et de rééquilibrer le partage de la valeur avec les plateformes. Des mesures destinées à structurer durablement l’économie de la création numérique. Par Adham Hassan, Expert Creator Economy.
Le rapport parlementaire sur l’encadrement de l’influence et des réseaux sociaux met en lumière un enjeu central : la pérennité économique des créateurs de contenus. À travers plusieurs recommandations structurantes, il marque une évolution importante. Il propose notamment de renforcer le rôle du Centre national du cinéma et de l’image animée, de soutenir les créateurs de contenus d’information et d’encourager une redistribution plus équitable des revenus générés par les plateformes. Il ne s’agit plus seulement d’encadrer les pratiques. Il s’agit aussi de consolider les modèles économiques d’un secteur devenu incontournable.
Renforcer le soutien public pour accompagner la mutation du secteur
La recommandation 26 du rapport souligne la nécessité de renforcer le rôle du Centre national du cinéma et de l’image animée. Cet établissement public est historiquement dédié au financement du cinéma et de l’audiovisuel. Il étend aujourd’hui son action aux nouveaux formats numériques. Cette évolution traduit une reconnaissance institutionnelle forte. La création de contenus digitaux constitue désormais une forme d’expression culturelle et économique à part entière. Un soutien public renforcé permet d’accompagner l’émergence de nouveaux talents. Il favorise aussi des projets éditoriaux plus ambitieux. Ces projets sont souvent difficiles à financer dans un environnement dominé par la logique d’audience immédiate.
Soutenir la production de contenus d’information
Les recommandations 47 et 48 insistent sur un enjeu démocratique majeur. Elles visent à soutenir financièrement les créateurs qui produisent des contenus d’information. Les réseaux sociaux sont devenus un espace central d’accès à l’actualité. C’est particulièrement vrai pour les jeunes générations. Encourager la production de contenus pédagogiques, journalistiques ou éducatifs permet de renforcer la pluralité des sources d’information. Sans dispositifs de soutien adaptés, ces formats restent souvent moins rentables que les contenus de divertissement. Leur développement dépend donc fortement de mécanismes d’accompagnement.
Rééquilibrer le partage de la valeur entre plateformes et créateurs
Les recommandations 29 et 30 abordent l’un des sujets les plus structurants du rapport : la redistribution des revenus générés par les plateformes numériques. Aujourd’hui, ces plateformes captent une part importante de la valeur économique issue des contenus créés par les utilisateurs. Pourtant, ce sont précisément ces contenus qui alimentent leur croissance et leur attractivité. Le rapport encourage une répartition plus équitable de cette valeur. L’objectif n’est pas d’opposer créateurs et plateformes. Il vise à reconnaître leur interdépendance et à favoriser un écosystème plus équilibré.
Construire un modèle économique plus stable et plus durable
Au-delà des mesures individuelles, le rapport esquisse une transformation plus globale du modèle économique de la création de contenus. Il souligne la nécessité de diversifier les sources de financement. Il insiste aussi sur l’importance de sécuriser les revenus des créateurs. Cette évolution est essentielle pour permettre au secteur de se structurer sur le long terme. En soutenant la création, les pouvoirs publics renforcent un écosystème devenu central dans la production culturelle, informative et sociale. Ils contribuent également à encourager l’innovation. Ils favorisent l’émergence de nouveaux formats éditoriaux.
En plaçant le financement au cœur de ses recommandations, le rapport parlementaire sur l’encadrement de l’influence et des réseaux sociaux reconnaît la valeur économique et culturelle de la création de contenus. Ces orientations posent les bases d’une économie de la création plus stable, plus équitable et mieux adaptée aux transformations du numérique.
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