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Tsunami digital ?

Tribune d'expert / 29 septembre 2015

Nous connaissons une révolution extraordinaire, celle du numérique. Nous pouvons percevoir ces évolutions comme une menace ou au contraire comme une opportunité. Par Khalid Slimani, fondateur d’Appsnet.

Notre monde a basculé depuis l’invention du smartphone. Cet outil a révolutionné notre économie et l’usage du téléphone portable. Aujourd’hui, téléphoner n’est qu’une fonctionnalité parmi des centaines d’autres.

En effet, un terrain de jeu extraordinaire vient de s’ouvrir pour tous les professionnels qui ont envie de créer un lien plus fort avec leurs clients. Certaines start-up telles que Uber, Blabalcar ou Tripadvisor ont investi ce terrain avec une réussite incontestable.

Ces réussites digitales démontrent que nous avons réellement changé d’économie. La meilleure preuve : la capitalisation du groupe Accord, entreprise multinationale possédant des hôtels, est de 11 Milliards d’euros ; Tripadvisor, service de mise en relation, est valorisé à… 11 milliards d’euros également !

Mais quel lien faire entre une multinationale, une TPE, une PME, un commerce de proximité et un artisan ?

Le lien est le smartphone : le consommateur d’Uber ou encore Tripadvisor a un smartphone en poche ! Ce client est le même que celui du commerçant ou de la TPE. Et il n’est pas impossible pour les petites structures, aujourd’hui, d’investir le smartphone, objet de toutes les convoitises : en 2015, on compte, en France, plus de 30 millions de smartphones et 12 millions de tablettes. Et des statistiques démontrent que ce nombre ne fera qu’évoluer dans les prochaines années de manière constante et significative.

Le digital contribue à renforcer l’image de marque

La question est : comment les TPE et les PME peuvent s’inscrire dans cette évolution ? D’abord, les professionnels doivent prendre conscience que le comportement des consommateurs (mobinautes) a changé : nomades et exigeants, ils ne veulent plus attendre et veulent des offres simples et immédiates.

Les mobinautes regardent au moins 195 fois par jour leur smartphone d’après une récente étude de Nokia. Beaucoup d’entreprises disposent d’un site web mais pas encore d’application mobile. Et aujourd’hui cela serait pour eux une opportunité de moderniser leur image et de montrer leur dynamisme, comme il y a toujours une prime au premier, ils se distingueraient par rapport à leur concurrent.

Les tendances montrent qu’aujourd’hui les attentes de ces consommateurs sont nombreuses : carte de fidélité embarquée - demande de 39% des mobinautes ; géolocalisation – outil utilisé par 51% des mobinautes ; réseaux sociaux, gaming…

La carte de fidélité embarquée, un enjeu majeur pour les entreprises 

Elle permet de recueillir des informations pertinentes, et ainsi de se constituer une base de données permettant une connaissance détaillée du comportement de ces clients. En outre, elle permet de passer d’une communication de masse (très coûteuse) et avec un ROI faible à une réelle stratégie marketing digital. Les entreprises peuvent grâce au digital lancer des opérations de promotions ciblées et optimiser leur budget communication. Conséquence majeure : une augmentation du trafic dans le lieu de vente et une augmentation du chiffre d’affaire.

Démystification et gisement d’emplois

La plupart des TPE/PME ont du mal à s’inscrire dans le numérique, parce-que cela leur semble compliqué et non prioritaire par rapport aux nombreuses tâches quotidiennes qui leur incombent. La plupart de ces 3 millions d’entrepreneurs exercent seuls et manquent cruellement de temps. Et c’est là que les acteurs du digital doivent être à même de proposer des outils simples en terme de gestion et d’administration et de les accompagner dans la digitalisation.

En outre, un travail pédagogique doit être fait. Il faut savoir que seulement 1 tiers de ces entreprises disposent d’un site internet ou réseau social (cf. observatoire TIC de la région Rhône-Alpes) et 81 % des entreprises française qui ont fait faillite en 2013 n’était justement pas présente sur le web, selon le baromètre de la société Email-Brokers. En France, un commerce fait faillite toutes les heures. Le numérique peut non seulement sauver leur emploi mais aussi, grâce à un développement de leur activité, créer de nouveaux postes : l’usage du numérique induit en effet des gains de productivité et de rentabilité pour toutes les entreprises, et ce, quelque soit leur cœur de métier.

Pour 1 euro investi dans les TIC, il est constaté 2 euros de marge (Cabinet McKinsey, 2011)

Une fois que l’entreprise a compris la nécessité de franchir le pas, il reste encore à définir ses besoins et son budget.

Le ticket d’entrée pour une application Web ou Native (téléchargeable seulement depuis App Store ou de Play store) est au minimum de 5 000 euros HT. A cela, il faut ajouter  le coût de l’hébergement, de la maintenance, et des mises à jour. Le prix peut varier selon le nombre de fonctionnalités.

L’ergonomie et le design doivent être particulièrement soignés. En effet, il faut que le mobinaute identifie le territoire de marque de l’enseigne et se reconnaisse au travers de l’application.

Tous les anciens sites web qui ne sont « responsive » devront l’être à cause du nouvel algorithme de Google. Pour exemple, le site Leboncoin.fr moins bien référencé car non adapté au smartphone. N’est-ce pas là l’opportunité de basculer d’un site à une application web ?

Oui, c’est un tsunami digital !

Dans les prochaines années, nous verrons disparaitre de nombreuses entreprises qui n’auront pas su prendre ce virage. Ces entreprises n’ont pas toujours  conscience de l’importance de la digitalisation de l’économie. Malheureusement, ce tsunami va tout emporter sur son passage et générer une fracture qui sera très difficile à combler. Il y aura deux types d’entreprise : celles qui se seront adaptées et les autres.

Ce changement oblige ces structures à se former et à appréhender la relation client autrement. Les consommateurs sont plus exigeants, les entreprises doivent être, elles, plus performantes.

Malheureusement le talent ne suffit plus à lui seul.

C’est pourquoi, tous les acteurs doivent aider ces entreprises afin de préserver les emplois et de profiter de ce gisement de croissance.

 

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