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L’industrie automobile a besoin de managers de transition

Tribune d'expert / 12 février 2020

L’automobile connaît une mutation inédite par son ampleur et sa vitesse. Chute des ventes de diesels, montée de celles de l’électrique, et faibles perspectives mondiales. Pour faire face à ces changements, l’industrie automobile a besoin de managers, qu’elle n’est pas toujours capable de retenir. Le management de transition est une solution pour les deux parties. Par Patrick Abadie, président fondateur de Delville Management.

L’industrie automobile connaît actuellement une évolution rapide due à des ruptures technologiques : forte baisse des ventes de modèles diesel, progression rapide des modèles électriques et hybrides. Elle doit faire face à des défis d’une ampleur exceptionnelle, alors qu’elle représente un secteur industriel majeur : 13% du PIB en Allemagne et 4,7% en France. Des usines vont se trouver en situation de surcapacité mais constructeurs et grands sous-traitants vont devoir aussi faire face à des départs de cadres dirigeants qui, inquiets quant à l’avenir de leur secteur, vont profiter d’opportunités de carrière ailleurs. Ils bénéficient d’un marché de l’emploi qui leur est particulièrement favorable, avec un taux de chômage de l’ordre de 3% seulement. Des entreprises vont se trouver dans des situations délicates, qui exigent une solution rapide. Un cabinet spécialisé dans le management de transition sera capable de trouver en quelques jours le bon profil, disponible et immédiatement opérationnel. 

Dans le même temps, l’industrie automobile va devoir mener une politique de changement de manière très rapide, pour laquelle des managers sont indispensables. Il ne s’agit pas de profils techniques, mais de dirigeants ayant une capacité de compréhension, de hauteur de vue et de management pour mener des équipes, forcément inquiètes, dans des projets de rupture. Les managers de transition sont les plus à même de mener de tels changements, ils possèdent l’expérience nécessaire. Les jeunes ingénieurs assureront quant à eux les développements nécessaires, en particulier dans les domaines de l’électrification et de l’informatisation. Pour ce type de postes techniques, des embauches en CDI sont plus pertinentes.

Le management de transition est également l’opportunité d’un nouvel élan de carrière pour les managers. S’ils estiment que l’entreprise qui les emploie n’a pas la bonne réponse face aux besoins de changement, s’ils ont l’impression de se trouver dans une impasse, obligés de compter avec des restrictions imposées, ils ne doivent pas craindre de quitter leur employeur pour devenir manager de transition. Patrick Abadie, président de Delville Management, leur donne quelques conseils pour mieux réussir. « Le cadre dirigeant, malgré ses hautes responsabilités, doit savoir rester humble, être à l’écoute et accepter de se remettre en question. » L’expérience du manager de transition est très importante, mais elle sera d’autant plus profitable qu’elle servira à une meilleure analyse de la situation propre à l’entreprise, pour élaborer la bonne stratégie. 

Les cadres dirigeants de l’automobile ont la chance de travailler dans ce secteur, même si les perspectives de croissance y sont faibles. Avec l’adoption précoce des méthodes Lean et la recherche permanente de la productivité, il n’y a plus de postes redondants. Chaque départ doit être rapidement remplacé, et les managers de transition sont les mieux placés pour répondre à cette exigence de célérité et de compétence.

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